Print Friendly, PDF & Email

Trajectoire

Accueil > Trajectoire

Créer en France mais penser international

En 2014, ELA Innovation affiche une croissance de 60%. Un chiffre qui ferait rêver bien des dirigeants d’entreprises. Chercheur de formation, passionné de ski et rêvant d’une éternelle jeunesse, Pierre Bonzom est à l’origine de cette start-up, étoile montante de la RFID active. Une start-up plus si jeune mais qui n’a de cesse d’innover et qui, cette année encore, concrétise de nouveaux rêves de conquête.

Publié le 10 avril 2015

Vous avez créé ELA Innovation en 2000. Comment vous est venue cette idée ?

C’est avant tout une invention technique. L’idée est venue en observant un livreur abandonner son véhicule, clés au contact. Je me suis dit qu’il fallait trouver un moyen d’identifier automatiquement le chauffeur afin de sécuriser son véhicule et le contenu. Ainsi est né notre premier tag RFID actif et ELA Innovation.

Comment en êtes-vous arrivé là ?

J’ai fait mes études à l’ENS Cachan, en me destinant à une carrière d’enseignant chercheur, avec une agrégation en physique appliquée et un doctorat en robotique en poche. J’ai enseigné 2 ans au lycée français de Bruxelles dans le cadre de la coopération et j’ai 4 ans d’expérience d’enseignement et recherche en université. Ces deux expériences m’ont donné le goût de la création et du travail en équipe, qui m’ont naturellement amené vers l’entreprenariat. J’ai eu deux chances dans cette phase de création : intégrer l’incubateur d’entreprises de l’École des Mines d’Alès et le soutien de mon épouse, Anne. Elle a apporté, au sein d’ELA Innovation, des compétences très complémentaires aux miennes, notamment dans le domaine du management.

Vous avez développé une technologie unique « RFID active ». Quelle part accordez-vous à la R&D aujourd’hui ? Et demain ?

De par ma formation technique, j’ai toujours accordé une place importante à la R&D. Aujourd’hui, ELA investi près de 50% de son CA en R&D et poursuivra ses efforts dans ce sens. Cet investissement nous permet de maintenir une avance concurrentielle continue sur notre marché.
Plus d’un tiers de l’effectif (de 15 personnes) est affecté à l’équipe R&D et nous allons d’ailleurs renforcer ce département par le recrutement de 1 à 2 ingénieurs en cours d’année.

Vous affichez l’ambition de devenir un leader dans le domaine de la RFID. Comment cela se traduit-il concrètement ?

En un mot : investissements ! On a la chance d’être de bons gestionnaires et nous avons une capacité d’autofinancement importante. Cela nous permet de prendre des décisions d’investissements très rapidement, sur 3 axes fondamentaux : R&D, ouverture à l’international et communication. Grâce à nos investissements en R&D, nous allons par exemple présenter cette année une toute nouvelle gamme de solution Indoor, permettant de localiser précisément un objet équipé de tag RFID dans un environnement industriel.

Vous prévoyez de conquérir des marchés au-delà du continent européen. Comment appréhendez-vous cette croissance ?

Excitante ! Ce sera une phase certainement difficile et chronophage mais nous avons déjà l’expérience de l’ouverture sur le marché européen. Depuis 2 ans, nous nous sommes introduits avec succès sur les marchés suivants : Allemagne, Espagne, Italie, Suisse, Pologne, Pologne, Roumanie ainsi qu’au Benelux et dans les pays nordiques. A l’heure actuelle, nos produits sont en train d’être déployés dans les pays du Maghreb et nous projetons de développer notre offre sur le marché nord-américain dans un futur proche.

Quel type de manager êtes-vous ?

Je laisse beaucoup d’autonomie à mes collaborateurs. Cela donne une ambiance très « start up » qui est productive en créativité.

Quels usages faites-vous de la RFID dans votre quotidien ?

À titre perso, j’ai équipé ma maison d’un lecteur RFID. Ma famille et mes amis sont équipés de tags RFID qui leur permettent d’ouvrir le portail sans aucune manipulation. Un peu comme du télépéage, mais gratuit …
A titre pro, nous avons emménagé dans un tout nouveau bâtiment en 2014. Ce bâtiment a été conçu dans une démarche de développement durable et nous l’avons équipé de nos capteurs RFID afin de monitorer en temps réel la température et l’hygrométrie (calcul en % de l’humidité dans l’air ambiant) de chaque espace. Cela permet d’évaluer l’efficacité énergétique de ce nouveau bâtiment.

Pour vous, que signifie le fait « d’entreprendre » aujourd’hui en France ?

Pour notre activité, c’est créer en France mais penser international. Entreprendre c’est avant tout une façon d’être et de vouloir être : l’envie d’aventure, le souhait de relever des défis et de trouver des solutions aux problèmes. Ce n’est clairement pas la solution de facilité mais nous avons l’impression d’appartenir à une famille : peut-être que l’on pourrait résumer cela par la French Tech ?

À l’aune de votre expérience, quels sont les principaux atouts de la France pour les entrepreneurs ? Les points les plus « bloquants » ?

Le principal atout est l’entraide créée par l’État. C’est très important en phase de création car cela permet à beaucoup de sociétés de passer le cap des premières années difficiles. C’est typiquement notre cas : on peut dire que si les statuts de JEI (Jeune Entreprise Innovante), le CIR (Crédits d’Impôts Recherche) et les prêts à l’innovation n’existaient pas, nous n’aurions pas passé les 5 premières années de création.
Je ne vois pas réellement de points « bloquants », mais des points difficiles qu’il faut arriver à contourner … comme par exemple la lourdeur de certaines démarches administratives qui ralentissent considérablement le développement des entreprises …

Quel est votre « moteur » ?

Être maître de son destin, accomplir des innovations techniques et satisfaire nos clients sont mes moteurs au quotidien. Il est clair qu’obtenir de bons résultats est également très gratifiant, à l’image de notre croissance de 60% réalisée en 2014.

Quel est votre plus beau souvenir professionnel ? Pourquoi ?

Mon plus beau souvenir professionnel a été de travailler sur un projet pour la sécurité des skieurs sur les télésièges des pistes de ski d’Avoriaz. Le projet, piloté par un leader de la construction de télésièges, consistait à vérifier que les skieurs verrouillent bien le garde-corps. Travailler dans un tel cadre tout en pratiquant un de mes sports préférés fut particulièrement réjouissant.

Vous trouvez une lampe magique. Vous la frottez et un bon génie en sort. Il vous accorde trois vœux. Que lui demandez-vous ?

  1. Je voudrais une machine à remonter le temps pour pouvoir retourner à la création de la société, car avec l’expérience acquise, tout aurait pu se passer deux fois plus vite.
  2. Je voudrais une machine à téléportation rapide.
  3. Je voudrais le secret de l’éternelle jeunesse.
À propos d’ELA Innovation

ELA Innovation est basée à Montpellier, dans le sud de la France. Créée en 2000, elle a conçu, développé et breveté une technologie d’identification longue portée par radiofréquence SCIEL®. Quatre investisseurs, institutionnels et privés, ont choisi d’accompagner son développement sur les chemins de l’innovation.
ELA Innovation se positionne comme un acteur majeur sur le marché français de l’identification par radio fréquence active UHF (Ultra Haute Fréquence). Actuellement, plus de 100 000 équipements RFID Actifs SCIEL sont en service depuis plus de cinq ans.
ELA Innovation commercialise une large gamme de lecteurs et d’étiquettes RFID (Tags) miniaturisés, ultra faible consommation (ULPW), d’une durée de vie élevée et répondant à de nombreuses applications.

Sans parti pris et sans concession, Sécurité Privée est un magazine professionnel destiné aux acteurs de la sécurité, qu’ils soient clients ou prestataires, conseils ou conseillés, qu’ils exercent leur activité dans le secteur public ou le secteur privé.

Tous les magazines