Europe, sécurité privée et dialogue social : plan d’actions 2009, en direct de Bruxelles
Réunis à Bruxelles, les 15 et 16 octobre 2008, les acteurs européens de la sécurité privée planchent sur les orientations sociales du secteur pour 2009. Un objectif commun : établir un plan d’actions des opérations à mener pour l’année à venir.
Téléchargez et découvrez le programme des deux journées d’étude :
Discours d’ouverture de Claude Tarlet, vice président de la CoESS
"Mesdames, Messieurs,
Que de chemin parcouru depuis ces dix dernières années dans la construction du modèle européen des services de sécurité privée !
Ensemble, en lien et avec l’appui des institutions européennes, nous avons, constamment, pris des initiatives pour améliorer et favoriser, au niveau européen, l’organisation du travail, le développement des compétences, l’hygiène, la santé et la sécurité au travail, la qualité des services.
Cette volonté commune porte, peu à peu, ses fruits à tous les niveaux dans les différents pays de la communauté européenne. Elle porte, aussi, les valeurs fondamentales auxquelles nous sommes, ensemble, attachées dans en environnement en pleine mutation et qui, au quotidien, bouleverse tous nos équilibres.
Ensemble, nous avons accompagné, par nos réflexions, la nécessite de mettre en œuvre, dans les pays européens, un cadre législatif et réglementaire pour le secteur de la sécurité privée. Malgré de premiers résultats encourageants dans certains pays, le chantier reste considérable.
La sécurité privée représente un potentiel de croissance pour l’économie et l’emploi dans les pays de la Communauté européenne. Son développement, comme en témoigne, aujourd’hui, de nombreuses déclarations des dirigeants des Etats membres, constitue un enjeu stratégique pour la sécurité de l’espace européen.
Ceci ouvre de nouveaux défis et place tous les acteurs du dialogue social devant de nouvelles responsabilités.
Au-delà des différences culturelles, du niveau de maturité des operateurs, et des obstacles multiples que favorise aujourd’hui la globalisation des échanges, il est de notre devoir de conduire, une action déterminée pour changer l’image de notre secteur, le rendre plus attractif et ouvrir aux femmes et aux hommes qui en ont fait leur profession de véritables perspectives d’évolution et de promotion.
Nous devons demeurer fidèles aux principes fondamentaux qui guident notre action depuis plus de dix ans et ont permis la signature, entre COESS et UNI EUROPA, de nombreuses déclarations communes portant sur la formation professionnelle (1996), les conditions de l’exercice de nos activités dans les Etats membres (1996), la création du Comité de dialogue sectoriel (1998), les conditions des contrats conclus avec les entreprises de sécurité privée dans le secteur public (1999), la reconnaissance mutuelle de nos organisations respectives dans le cadre du dialogue social (1999), l’élargissement de l’Union européenne aux pays de l’Europe centrale et orientale (1999), la modernisation de l’organisation du travail (2000), l’harmonisation européenne des législations relatives à la sécurité privée (2001), un Code de bonne conduite et d’éthique (2003), la directive des Services (2004), la santé au travail (2004) puis, plus récemment, le travail dissimulé en Europe (2006).
Mais nous devons aller plus loin. Car les mutations de notre secteur vont ouvrir de nouveaux espaces.
Il est, donc, plus que jamais, urgent et nécessaire de réduire tous les fossés existants entre les différents pays et de favoriser, par notre action, une amélioration de notre environnement social.
Ceci passe par notre capacité à impulser et consolider, dans chaque pays, le dialogue et la coopération avec les autorités pour construire un socle solide pour notre secteur. Ceci passe, aussi, par notre capacité à aider chaque pays membre à construire, dans le respect de ses traditions et de sa diversité, un dialogue social constructif.
Ceci passe par la poursuite de la sensibilisation, des clients européens ou nationaux, publics ou privés, à l’exigence de qualité des services et à une relation équitable avec les entreprises.
Ceci passe, aussi, par notre capacité à exercer, en permanence, une action déterminée auprès de toutes les institutions européennes afin que soit garanti à notre secteur une protection légitime compte tenu de sa dimension stratégique.
Ceci passe, enfin, par notre capacité à évaluer, en permanence, les résultats obtenus dans chaque pays afin de peser sur les décisions dans l’intérêt de tous.
Dans ce nouveau monde que nous vivons tous, parfois tourmenté et dont les repères semblent, parfois disparaitre, l’homme doit être plus que jamais au cœur de notre démarche.
Nous avons de vrais raisons de croire en notre secteur !
Mais rien ne sera possible, dans la durée, si ne ne savons pas organiser et développer un dialogue social qui favorise l’épanouissement des femmes et des hommes qui font ce métier avec fierté.
Notre enjeu, plus que jamais, est humain."

