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Formation en sécurité privée : que de chemin parcouru !

La première richesse d’une entreprise réside dans son personnel. Les femmes et les hommes à son service constituent un atout qu’il faut savoir valoriser. De ce point de vue, les entreprises de sécurité ont raison de vouloir mettre l’accent sur la formation dans la perspective d’une employabilité durable et évolutive. Les efforts devront être redoublés tant, en pratique, le paysage de la formation surprend un observateur à la recherche de clarté et d’efficacité.

Publié le 25 novembre 2015 - Par Xavier Latour, Professeur à la Faculté de Droit de Nice-Sophia Antipolis. Xavier Latour est spécialisé dans l’analyse juridique des questions relatives à la sécurité (co-directeur du Code commenté de la Sécurité Intérieure, éd. LexisNexis, 2014).

Après un temps de léthargie, la formation en matière de sécurité se réveille. Plusieurs facteurs concourent à une évolution favorable

D’abord, les entreprises ont besoin de femmes et d’hommes de mieux en mieux formés. Le temps n’est plus seulement à l’embauche massive d’agents, principalement dans le secteur de la surveillance humaine. Alors que les missions se sont complexifiées, la concurrence entre les entreprises ne se fait pas uniquement par le prix. Il faut pouvoir offrir aux donneurs d’ordres des prestations de qualité ou, dans le cas des services internes, investir efficacement dans la sécurité de sa production et de ses salariés. Dans un environnement très concurrentiel, l’entreprise peut se démarquer de ses rivaux en mettant en avant la fiabilité de son personnel, son dévouement et son savoir-faire.

Sur ce terrain, les acteurs économiques sont donc en demande d’une formation initiale et d’une formation continue de qualité, capable de répondre à leurs attentes et de s’adapter aux évolutions de la sécurité privée. Ensuite, l’Etat a contribué à tirer la formation vers le haut. Les évolutions législatives et réglementaires initiées en 2005 ont très utilement permis de mettre l’accent sur la professionnalisation de la sécurité privée. Depuis, les exigences attachées à la délivrance de la carte professionnelle et à la reconnaissance de la qualité de dirigeant constituent un puissant levier pour une crédibilité accrue des métiers concernés.

Enfin, les acteurs de la formation effectuent leur mue. Il ne s’agit pas d’investir un marché de niche, mais bien de remplir une mission de la plus haute importance en proposant des solutions aux attentes des employeurs potentiels.

La sécurité privée n’est plus considérée comme un domaine négligeable, à part. Elle est dorénavant perçue comme un coproducteur de sécurité, un partenaire de la puissance publique, une activité de service utile à la société.

Néanmoins, si beaucoup a été fait, beaucoup reste encore à faire. Un important rapport rédigé par trois inspections générales (Administration, Education nationale et Affaires sociales) a mis en évidence les carences et les pistes d’amélioration. [« Formation aux métiers de sécurité privée », 12 octobre 2012. Auteurs : Gilles SANSON (IGA), Brigitte LE BRETHON (IGEN), Catherine HESSE (IGAS)].

De substantielles modifications en matière de formation initiale et continue s’imposent afin de clarifier les parcours et les objectifs en fonction de compétences et de métiers clairement identifiés. A cette fin, les professionnels de la sécurité privée sont invités à mettre de l’ordre dans un domaine confus.

En outre, la sécurité privée souffre toujours d’une une absence de formations intermédiaires à bac+2.

De plus, et sans que cela soit forcément un inconvénient, l’offre de formation est hétérogène

Tout en se partageant entre des structures publiques et privées, elle est plus gravement entre les mains d’opérateurs très inégaux parmi lesquels le pire côtoie le meilleur. Sans même évoquer la qualité et le coût des formations proposées, certaines d’entre elles ne respectent pas des règles minimales d’éthique et sont connues pour manipuler les examens ou abriter des individus qui ne pourraient pas ou plus avoir de carte professionnelle pour des raisons tenant à leur moralité.

L’offre de formation témoigne de la maturité d’un secteur d’activité économique. Si l’on en juge par les progrès accomplis en matière de sécurité privée, l’optimisme est de rigueur. Il reste à espérer que l’environnement économique fragile et l’insécurité juridico-fiscales n’obèreront pas ces progrès en poussant les entreprises à freiner leur marche vers une montée du niveau général de leurs personnels.

Sans parti pris et sans concession, Sécurité Privée est un magazine professionnel destiné aux acteurs de la sécurité, qu’ils soient clients ou prestataires, conseils ou conseillés, qu’ils exercent leur activité dans le secteur public ou le secteur privé.

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