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GESTION GLOBALE DES RISQUES. Centre de coûts ou instrument de performance et de profitabilité ?

Pourquoi investir dans la gestion globale des risques ? Cet investissement est-il rentable ? Quel ROI peut-on cibler ? Quelles sont les conséquences (organisationnelles, financières, commerciales,…) de ne pas faire ? Quels moyens mettre en œuvre et pourquoi ? Analyse et repères.

Publié le 25 novembre 2015 - Par Garry Goldenberg, président du Forum Open IPVidéo

Bien que sécurité et sûreté répondent à des définitions distinctes, il s’agit, dans les deux cas, de démarches ayant pour but de veiller à la protection des personnes et des biens au travers d’une gestion globale des risques.

La sécurité désigne l’ensemble des moyens humains, organisationnels et techniques réunis pour faire face aux risques techniques, physiques, chimiques et environnementaux pouvant nuire aux personnes et aux biens sans avoir un but de profit (exemples de risques concernés : incendie, accident du travail, hygiène, ergonomie, catastrophes naturelles….). Elle répond à de nombreuses règles établies, notamment la sécurité incendie, et les moyens techniques mis en œuvre sont connus et clairement définis

La sûreté concerne l’ensemble des moyens humains, organisationnels et techniques réunis pour faire face aux actes spontanés ou réfléchis ayant pour but de nuire, ou de porter atteinte dans un but de profit, psychique et/ou financier (exemples d’actes concernés : incivilités, malveillance, vols, agressions, terrorisme….). Elle ne répond à aucune règle préétablie, et les moyens techniques mis en œuvre sont en constante évolution.

Le risque, que l’on définit comme un événement anormal susceptible de porter préjudice, peut se quantifier comme le produit de la probabilité selon laquelle cet événement peut survenir par l’impact qu’aura cet incident sur la vie de l’entité concernée.

Cet impact peut être de plusieurs ordres :

  • corporel (blessure, invalidité, …) ;
  • financier (pertes directes, pertes d’exploitation) ;
  • opérationnel (perte de productivité, démotivation du personnel) ;
  • commercial (image de marque, …).

À titre d’exemple, la probabilité de chute d’une personne peut être considérée comme élevée, mais l’impact sera généralement faible. A l’inverse, un acte de terrorisme, à faible probabilité, aura un impact extrêmement fort.

Deux facteurs pour réduire le risque

La réduction du risque consistera donc à jouer sur ces deux facteurs en diminuant la probabilité (anticipation, prévention) et en réduisant l’impact (suivi et gestion de l’événement).

Des études récentes ont démontré que les différents incidents, accidents ou sinistres qui interviennent dans la vie d’une entreprise sont susceptibles de générer des pertes non négligeables, pouvant atteindre, selon la plupart des analystes, 10 à 15% des coûts d’exploitation. La gestion des risques est donc non seulement un impératif humain, mais une composante économique importante qu’il convient d’optimiser.

Optimiser les moyens

Sécurité et sûreté, souvent gérées par des entités distinctes et cloisonnées, font appel à des moyens organisationnels et techniques complémentaires. Sachant que près de 2/3 des causes d’incident sont liées à des facteurs humains ou environnementaux et à des procédures inadaptées, l’objectif est donc d’optimiser les moyens mis en œuvre pour garantir la sécurité et la sûreté des biens et des personnes concernés.

En réduisant les temps de gestion d’un incident, on en réduit les conséquences, ainsi que les ressources nécessaires. Il sera nécessaire pour atteindre cet objectif de faire l’inventaire des moyens disponibles dans l’entreprise ou la collectivité, d’analyser l’organisation et les procédures mises en place, les résultats obtenus et les améliorations escomptées, afin de définir un nouveau schéma de gestion globale des risques.

Les informations fournies par les différents capteurs ou sources d’informations externes (contrôle d’accès, vidéo, GTB, GTC, incendie, SIG, etc.) sont délivrées aux différents centres de supervision sans classification, sans corrélation entre elles, et sans corrélation contextuelle, donnant lieu à de nombreuses fausses alarmes potentielles, ou ce qui est pire à une absence de réaction par manque d’analyse. Chaque département réagit en fonction de ses attributions et de procédures non coordonnées. Les intervenants sont susceptibles d’être sollicités plusieurs fois pour la même cause.

La technologie, un outil stratégique

La technologie permet aujourd’hui d’analyser les différentes informations fournies par les capteurs (vidéo analytique, analyse de bruits, informations externes) et de les corréler en fonction de paramètres prédéfinis.

Cette information peut alors être transmise sous forme explicite et synthétique aux opérateurs regroupés au sein du Centre Opérationnel où chacun disposera d’une vision globale de la situation. Le Centre Opérationnel, sur la base de procédures globales et détaillées, peut alors réagir et faire appel aux intervenants externes de manière coordonnée. En optimisant ainsi les flux d’informations, l’entité utilisatrice a réduit le nombre de fausses alarmes ; elle réagit plus rapidement et de manière plus cohérente aux événements anormaux, et mobilise uniquement les ressources réellement nécessaires à la gestion du risque concerné. Ce gain de réactivité engendre une réduction considérable de l’impact et par conséquent une amélioration de la profitabilité résultante.

La communication inter et intra services a été améliorée, en passant d’une structure hiérarchique arborescente à une structure collaborative.

La gestion du post événement revêt également une importance capitale dans la prévention et la gestion des risques futurs

Il est indispensable de pouvoir collecter toutes les informations recueillies lors de la gestion de l’événement et de les restituer sous forme d’un rapport multimédia synchronisé. Ce rapport permettra d’analyser la situation dans sa globalité et d’adapter les procédures en place ou d’en créer de nouvelles. Il sera diffusé à toutes les parties concernées sous formes de journal de bord et de tableaux de synthèse, contribuant ainsi à l’amélioration globale du cycle.

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