Qu’appelle-t-on la grippe aviaire ?
La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Ce virus peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse surtout chez les poulets et les dindes, et est susceptible d’entraîner une mortalité élevée dans ces espèces. Le virus peut éventuellement infecter d’autres espèces animales comme le porc ou d’autres mammifères. On parle d’épizootie d’origine aviaire lorsque la maladie affecte brutalement un grand nombre d’animaux à la fois dans une région donnée.
Le virus est-il transmissible de l’animal à l’homme ?
Le risque d’être contaminé en mangeant de la viande ou des œufs est négligeable selon l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. La cuisson détruit le virus. A ce jour, dans l’Union européenne, seuls des cas animaux sont répertoriés. Le virus de la grippe aviaire de type A (H5/N1) peut se transmettre de l’animal à l’homme. Le phénomène observé depuis janvier 2004 en Asie confirme l’existence de plusieurs cas de transmission de ce type. La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections). Les personnes les plus exposées sont celles qui interviennent dans une zone contaminée.
Le Virus de la grippe aviaire est-il transmissible d’homme à homme ?
Une transmission secondaire d’homme à homme est possible mais reste exceptionnelle (3 cas intrafamiliaux documentés aux Pays- Bas au printemps 2003 avec le virus A (H7/N7)). Selon l’OMS, il n’existe pas de preuve d’une transmission inter humaine significative en Asie. Aucune pandémie n’est aujourd’hui signalée en Europe.
Quelle est la situation en France ?
A ce jour, tant que la transmission inter humaine n’est pas avérée, aucune mesure particulière tel le que la mise en quarantaine, le port d’un masque de protection, la prise de sang ou autre traitement n’est pas proposé. Le dépistage systématique du virus A (humain) ne présente pas d’intérêt. Afin de lutter contre la propagation du virus de la grippe aviaire en Europe, le 23 janvier 2004, la France et ses partenaires européens ont arrêté les mesures suivantes : interdiction d’importer des volailles vivantes, des viandes de volaille et des œufs provenant de Thaïlande (seul pays importateur affecté par la grippe aviaire). Depuis, le 29 janvier 2004, l’Union européenne a interdit l’importation des oiseaux de volière et des oiseaux d’ornement accompagnant les voyageurs en provenance des pays affectés par la grippe aviaire. En ce qui concerne les plumes de volatiles en provenance des pays affectés (literie, vêtements, etc.), celle-ci subissent des traitements d’inactivation des germes microbiens et ne présentent donc pas de risque particulier.
Le plan gouvernemental
Pour préparer le pays à l’apparition d’une épizootie d’Influenza aviaire hautement pathogène ainsi qu’à une pandémie grippale, un plan gouvernemental « Pandémie grippale » a été élaboré. Ce plan reprend les 6 phases décrites par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour fixer les actions à mener en fonction des différentes situations.

La numérotation des phases n’indique pas un enchaînement systématique car, si le virus s’adapte très rapidement, des phases peuvent être sautées. L’influenza aviaire et la pandémie grippale peuvent évoluer indépendamment l’une de l’autre.
Quelles sont les mesures prises par la France pour éviter que cette maladie s’installe sur le territoire ?
Un plan gouvernemental de prévention et de lutte « pandémie grippale » a été mis en place, et modifié le 6 janvier 2006. Nous sommes à ce jour en période d’alerte pandémique, en phase 3, situation 3A, ce qui correspond à des cas humains isolés à l’étranger sans transmission inter humaine. Suivant les niveaux d’alerte, le Premier Ministre dirige l’action avec le concours de l’ensemble des ministères. Le ministre de l’intérieur veille à la préparation des services chargés des secours et de l’ordre public. Il assure la sécurisation des produits de santé et des équipements de protection, en liaison avec les ministres de la défense et de la santé. Dans ce contexte, et suivant les franchissements des différents seuils, le gouvernement pourrait demander aux entreprises de sécurité privée de sécuriser des lieux spécifiques (par exemple des zones de stockage).
Quelle est la responsabilité du chef d’entreprise ?
Si nous nous appuyons sur l’article L 230-2 du code du travail : « Le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l’établissement, y compris les travailleurs temporaires. Ces mesures comprennent des actions de prévention des risques professionnels, d’information et de formation ainsi que la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Il veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. » En cas d’une éventuelle pandémie l’employeur pourrait voir sa responsabilité engagée.
Comment se préparer ?
Toutes les entreprises doivent se préparer à assurer la continuité de leur activité pendant cette période de vague pandémique où elles pourraient avoir à faire face à un absentéisme allant jusqu’à 50%, pour les raisons évoquées ci-dessus. Elles devront aussi faire face à des difficultés de recrutement, d’approvisionnement et de fournitures de prestations, car tous les opérateurs de la filière auront les mêmes contraintes. Chaque entreprise doit donc préparer un plan de crise pandémie grippale ayant pour but d’assurer la protection de son personnel et le maintien de l’activité de l’entreprise. Ce plan ne peut être réalisé qu’au niveau de l’entreprise elle-même car il dépend de son type d’activité, de sa taille, de son organisation et de son environnement.
Dans tous les cas, il est recommandé au chef d’entreprise de désigner une personne responsable (et un remplaçant) chargée de préparer l’entreprise à ce mode de fonctionnement et d’établir la liste des contacts utiles.
Voici un certain nombre d’éléments à prendre en compte pour élaborer ce plan :
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avoir un stock de masques suffisants et connaître leur affectation aux différents postes de l’entreprise ; une liste de fournisseurs de masques est accessible sur le site Internet www.sante.gouv.fr
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informer son personnel sur ce qu’est la situation "actuelle"(épizootie), ce que serait une pandémie, sur les risques et les mesures de prévention individuelle et collectives.
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tenir informé son personnel de l’évolution de la situation en fonction des informations communiquées par son syndicat professionnel, les acteurs nationaux et locaux (préfet, ...) ;
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envisager la possibilité d’une réquisition par les services de l’État pour une protection des sites sensibles ;
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identifier les postes clés indispensables à la production et ceux dont la mise en veille pendant quelques semaines ne remet pas en cause la survie de l’entreprise ;
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identifier les activités internes ou externes indispensables (maintenance, informatique, nettoyage et désinfection, etc.) ;
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identifier par client le palier minimum de présence du personnel (fonctionnement en mode dégradé) pour s’adapter à un taux d’absentéisme élevé ;
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tenir compte des contraintes liées au port de masques ou limiter la concentration des personnes ;
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envisager le télétravail pour certaines tâches lorsque cela est possible, et l’organiser ;
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envisager le maintien des moyens de communication (radio, téléphonie, etc.) et de leur fonctionnement ;
Quelles sont les mesures prises par l’USP ?
L’USP a créé une cellule nationale de crise spécifique « grippe aviaire » pour mettre en place, en cas de besoin, les mesures de prévention. Cette cellule est à ce jour en état de veille. En situation pré-pandémique, les préfets de département veillent à la préparation des différents acteurs de la Nation aux mesures contenues dans le plan gouvernemental. En situation pandémique, les préfets de département assurent la gestion de la crise au niveau territorial.
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter notre Secrétaire Générale
Liliane CLARET
01 53 58 08 17
