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Profession: bodyguard

Les agents privés chargés de missions de protection physique de personnes protègent des personnes qui s’estiment menacées du fait de leur profession, de leur statut social ou de prises de parole publiques, qui ne peuvent pas être prises en compte par le SDLP (Service de la protection du ministère de l’intérieur, ancien SPHP).

Publié le 10 juin 2015 - Par Jean-Louis Blanchou, préfet honoraire

Les conditions d’exercice des missions

Ils exercent leurs activités dans des locaux privés : domiciles, entreprises mais aussi, de fait, sur la voie publique, là où se déplacent les personnes qu’ils protègent. C’est d’ailleurs une réalité qui est prise en compte par le CSI (article L613-1) alors que les agents de surveillance des biens sont, sauf dérogations préfectorales, interdits sur la voie publique.
Compte tenu de la nécessaire discrétion qui caractérise leurs missions, ils ne sont pas astreints au port d’une tenue particulière.
Ils ne peuvent se prévaloir d’aucune prérogative particulière et n’ont pas de pouvoir de contrainte physique sur les personnes.
Ils ne peuvent être porteurs d’aucun signe distinctif qui induirait une confusion avec des agents de la police ou de la gendarmerie nationales.
Contrairement à ce qui est pratiqué dans de nombreux pays étrangers, ils ne sont pas armés.
Depuis de nombreuses années ils réclament d’ailleurs une évolution de ce principe et expriment le souhait d’être autorisés, dans certains cas, à porter une arme. Mais il ne s’agit pas tant, pour les plus professionnels d’entre eux de justifier le port d’une arme par la recherche d’une plus grande efficacité dans leur mission de protection. En effet, ils connaissent parfaitement les limites et les dangers du recours à l’arme dans des lieux publics. Ils savent aussi que l’utilisation de l’arme de poing dont sont munis les agents publics chargés de la protection de personnalités est tout à fait exceptionnelle et ne permet pas d’éviter les drames comme celui de Charlie Hebdo dans le cadre duquel un fonctionnaire du SDLP, Franck Brinsolaro, a perdu la vie. Mais ils considèrent que l’interdiction qui leur est opposée, les met en situation concurrentielle défavorable par rapport à leurs collègues étrangers. Ceux ci peuvent en effet être autorisés à exercer des missions sur le territoire français en étant armés. Ils s’en prévalent pour rassurer et donc attirer leurs clients. Les agents de protection physique des personnes seraient d’ailleurs disposés, en contrepartie d’une autorisation, à accepter des contraintes lourdes telles que : sélection à l’entrée dans le métier, formation, contrôles accrus, déclarations de mission auprès des autorités publiques, voire même affectation dans une réserve opérationnelle ….

Les attentes de la profession

Considérant que la réalité de leur profession est mal appréhendée par la population, leurs clients et les pouvoirs publics, les agents de protection physiques de personne réclament une meilleure reconnaissance du métier. Ils en attendent que les entreprises françaises spécialisées profitent pleinement de la croissance du marché, ce qui est loin d’être le cas compte tenu de la concurrence des entreprises étrangères, dont les agents sont souvent mieux formés, autorisés à porter des armes pour un coût salarial plus faible. En outre certains bénéficieraient de l’appui de leurs gouvernements respectifs pour un aspect évident de recueil d’informations sensibles.
Parmi les mesures souhaitées, ils appellent de leurs vœux une formation plus sérieuse et correspondant mieux aux missions et à leurs conditions d’exercice, un contrôle accru de la profession et des donneurs d’ordre, la mise en place de cartes professionnelles matérialisées, l’octroi aux conducteurs de sécurité d’un statut d’agent de sécurité avec une formation spécifique ainsi que le renforcement de la collaboration avec les services publics.

Un garde du corps combien ça coûte ?

La mise en place de l’équipe de protection de la personnalité est la partie la plus visible des missions qui ne se limitent pas (ou ne devraient pas se limiter) à cette seule action. Une évaluation préalable est nécessaire pour étudier et définir le dispositif à adopter et les précautions à envisager. Des déplacements précurseurs sont souvent indispensables. Ces étapes sont essentielles et doivent être facturées au client qui n’en a pas toujours conscience.
Les prestations d’un agent sont généralement facturées au client au minimum entre 65 et 85€ HT de l’heure. Ces montants qui ne comprennent pas la mise en place de véhicules et de matériels, peuvent naturellement varier en fonction du niveau de la menace, ainsi que de la nature de la mission et de sa durée.
Compte tenu des particularités et des sujétions du métier, l’agent de protection physique de personne fait partie des agents de sécurité les mieux payés et son salaire est fréquemment deux à trois fois plus élevé que celui d’un agent de surveillance.

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